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La cortisone est un corticostéroïde largement prescrit pour traiter de nombreuses maladies inflammatoires, allergiques et auto-immunes. En raison de son usage fréquent, une question revient souvent chez les patients : peut-on consommer de l’alcool pendant un traitement à la cortisone ? Bien que cette association puisse paraître anodine, les données scientifiques montrent qu’elle comporte des risques réels pour la santé.
L’alcool peut amplifier les effets indésirables de la cortisone et exposer l’organisme à des complications digestives, hépatiques, immunitaires et neurologiques, que le traitement soit de courte ou de longue durée. Une information claire sur cette interaction est donc essentielle pour éviter des conséquences potentiellement graves.
Key takeaways :
La cortisone est un médicament appartenant à la famille des corticostéroïdes, souvent utilisée pour traiter diverses affections telles que l’asthme, les réactions allergiques, l’arthrite, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les troubles surrénaliens, ainsi que certaines pathologies du sang ou de la moelle osseuse (1).
Ces substances, également appelées glucocorticoïdes ou simplement stéroïdes, sont de puissants anti-inflammatoires à action rapide. Elles agissent en réduisant l’inflammation, en modulant un système immunitaire suractivé, ou en remplaçant le cortisol, une hormone normalement produite par l’organisme (2).
En plus de leur effet anti-inflammatoire, les corticostéroïdes exercent une action immunosuppressive, c’est-à-dire qu’ils diminuent l’activité du système immunitaire. Pour ces raisons, les médecins les prescrivent fréquemment afin d’obtenir un soulagement rapide, bien que temporaire, des symptômes (3).
Bien qu’efficace, la cortisone peut entraîner des effets secondaires potentiellement graves, particulièrement en cas d’usage prolongé. Parmi ceux-ci figurent :
Par ailleurs, la cortisone élève le taux de glucose sanguin, ce qui peut poser des difficultés aux personnes atteintes de diabète ou de prédiabète (4).
La cortisone et l’alcool constituent une association risquée. Il est fortement conseillé d’éviter toute consommation d’alcool durant un traitement à base de ce corticostéroïde puissant. Plusieurs raisons expliquent cette recommandation :
L’alcool amplifie certains effets indésirables de la cortisone, tels que les irritations gastriques, les sautes d’humeur et l’insomnie. Leur combinaison peut également exacerber des troubles psychologiques comme l’anxiété, la dépression ou les comportements agressifs, formant ainsi une association à éviter absolument.
Les deux substances exercent une pression significative sur le foie. Consommer de l’alcool pendant un traitement à la cortisone accroît le risque, à long terme, d’inflammation hépatique et de fibrose (5). Préserver la santé de cet organe essentiel implique de s’abstenir d’alcool durant la thérapie.
La cortisone réduit déjà l’activité du système immunitaire. L’ajout d’alcool aggrave cette immunodépression, rendant l’organisme plus vulnérable aux infections et aux maladies. Dans un tel contexte, il est essentiel de ne pas exposer davantage un corps déjà fragilisé.
L’association de la cortisone et de l’alcool peut s’avérer extrêmement dangereuse. La cortisone, en tant que corticostéroïde puissant, supprime déjà l’activité du système immunitaire ; lorsqu’elle est combinée à l’alcool, elle amplifie de manière significative ses effets indésirables.
Parmi les complications les plus fréquentes, on cite :
La cortisone et l’alcool ont tous deux la capacité d’irriter la muqueuse du tube digestif. Leur association augmente significativement le risque de développer des ulcères ou des hémorragies gastriques, particulièrement chez les patients soumis à un traitement prolongé à la cortisone (6).
La cortisone peut entraîner, avec le temps, une diminution de la densité osseuse, conduisant à une ostéoporose. La consommation d’alcool aggrave ce phénomène en altérant davantage la santé osseuse, ce qui accroît le risque de fractures ou de lésions squelettiques (7).
La cortisone a tendance à élever le taux de glucose sanguin, ce qui peut soit aggraver un diabète préexistant, soit favoriser l’apparition d’un diabète induit par les corticoïdes. L’alcool, quant à lui, peut également perturber la régulation de la glycémie, provoquant parfois des variations rapides et potentiellement dangereuses.
Un traitement prolongé à la cortisone est susceptible d’augmenter la pression artérielle. L’alcool peut, de son côté, élever à la fois la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Lorsqu’ils sont combinés, ces deux facteurs exercent une pression supplémentaire sur le système cardiovasculaire, augmentant ainsi le risque de complications cardiaques.
L’un des effets secondaires les plus préoccupants de cette interaction est le risque élevé d’amnésie antérograde, c’est-à-dire l’incapacité à se souvenir des événements survenus sous l’effet combiné de l’alcool et de la cortisone. Cette association potentialise l’impact de l’alcool sur le cerveau, en particulier sur les fonctions liées à la consolidation des souvenirs (8).
Une personne concernée pourrait se réveiller le lendemain sans aucun souvenir de ce qu’elle a fait la veille. Une telle perte de mémoire comporte des risques sérieux, allant de comportements embarrassants à des accidents, voire à des conséquences juridiques.
L’usage prolongé de cortisone peut, chez certaines personnes, entraîner une dépendance physique ou psychologique. La consommation concomitante d’alcool renforce le potentiel addictif des deux substances, augmentant le risque de développer une polytoxicomanie (9).
La consommation d’alcool durant un traitement par la cortisone peut entraîner divers problèmes de santé, particulièrement en cas de prise régulière ou excessive. Voici les principales conséquences potentielles à long terme de l’association de ces deux substances :
La cortisone, en tant qu’immunosuppresseur, réduit l’activité du système immunitaire. L’alcool, qui possède également des effets immunodépresseurs, accentue cette vulnérabilité. Leur combinaison multiplie ainsi le risque d’infections, une préoccupation majeure chez les patients traités pour une maladie inflammatoire chronique ou une affection auto-immune.
La cortisone favorise fréquemment une prise de poids, notamment en stimulant l’appétit et en provoquant une rétention hydrosodée. L’alcool, riche en calories et susceptible de causer des ballonnements, aggrave ces effets indésirables, contribuant à une prise de poids plus marquée.
L’alcool affecte les fonctions cognitives, notamment la mémoire, l’attention et la concentration. La cortisone, quant à elle, peut également provoquer des effets neuropsychiatriques, tels que l’irritabilité, l’insomnie ou les troubles de l’humeur. Lorsqu’elles sont combinées, ces substances peuvent amplifier les altérations cognitives, compromettant la capacité à effectuer des tâches exigeant vigilance et coordination, comme la conduite automobile ou la manipulation d’équipements dangereux.
Solupred est un médicament appartenant à la classe des corticostéroïdes. Ces substances agissent en bloquant la libération, dans l’organisme, de composés responsables de l’inflammation. C’est pourquoi Solupred est fréquemment prescrit pour traiter un large éventail d’affections inflammatoires et allergiques.
Il est recommandé de limiter, voire d’éviter totalement, la consommation d’alcool pendant un traitement à Solupred. En effet, l’alcool peut majorer le risque d’effets secondaires gastro-intestinaux, notamment les ulcères gastriques et les saignements digestifs.
Par ailleurs, il est susceptible de réduire l’efficacité du médicament en perturbant son métabolisme hépatique. Pour ces raisons, il est préférable de s’abstenir de boire de l’alcool durant le traitement, ou tout du moins de le faire de manière très modérée et uniquement sous la supervision d’un professionnel de santé.
L’alcoolisme est une dépendance particulièrement difficile à surmonter. Lorsqu’une personne souffre par ailleurs d’une affection nécessitant un traitement par corticostéroïdes, elle peut facilement se sentir dépassée.
Qu’il s’agisse d’une consommation excessive d’alcool, d’un usage prolongé de stéroïdes ou de tout autre abus de substances, de l’aide professionnelle est disponible. Avec un accompagnement adapté, il est possible de vaincre cette dépendance et de retrouver une vie saine et sobre en l’espace de quelques mois seulement.
(1) Zetterström R. (2008). The discovery that cortisone may effectively ameliorate inflammatory and allergic diseases. Acta paediatrica (Oslo, Norway : 1992), 97(4), 513–517. https://doi.org/10.1111/j.1651-2227.2008.00683.x
(2) Katz, F. H., & Shannon, I. L. (1969). Parotid fluid cortisol and cortisone. The Journal of clinical investigation, 48(5), 848–855. https://doi.org/10.1172/JCI106042
(3) SOURKES, T. L., & HENEAGE, P. (1951). The effects of cortisone in vivo on the oxidative metabolism of the rat adrenal. Endocrinology, 49(5), 601–605. https://doi.org/10.1210/endo-49-5-601
(4) SCHINDEL L. (1956). Side effects of ACTH-cortisone-prednisone. Acta medica Orientalia, 15(3), 68–83.
(5) Stewart, P. M., Burra, P., Shackleton, C. H., Sheppard, M. C., & Elias, E. (1993). 11 beta-Hydroxysteroid dehydrogenase deficiency and glucocorticoid status in patients with alcoholic and non-alcoholic chronic liver disease. The Journal of clinical endocrinology and metabolism, 76(3), 748–751. https://doi.org/10.1210/jcem.76.3.8445034
(6) Derelanko, M. J., & Long, J. F. (1982). Influence of prednisolone on ethanol-induced gastric injury in the rat. Digestive diseases and sciences, 27(2), 149–154. https://doi.org/10.1007/BF01311709
(7) Fukushima, W., Yamamoto, T., Takahashi, S., Sakaguchi, M., Kubo, T., Iwamoto, Y., Hirota, Y., & Idiopathic ONFH Multicenter Case-Control Study (2013). The effect of alcohol intake and the use of oral corticosteroids on the risk of idiopathic osteonecrosis of the femoral head: a case-control study in Japan. The bone & joint journal, 95-B(3), 320–325. https://doi.org/10.1302/0301-620X.95B3.30856
(8) Dominguez, G., Belzung, C., Pierard, C., David, V., Henkous, N., Decorte, L., Mons, N., & Beracochea, D. (2017). Alcohol withdrawal induces long-lasting spatial working memory impairments: relationship with changes in corticosterone response in the prefrontal cortex. Addiction biology, 22(4), 898–910. https://doi.org/10.1111/adb.12371
(9) Rose, A. K., Shaw, S. G., Prendergast, M. A., & Little, H. J. (2010). The importance of glucocorticoids in alcohol dependence and neurotoxicity. Alcoholism, clinical and experimental research, 34(12), 2011–2018. https://doi.org/10.1111/j.1530-0277.2010.01298.x
(10) HIGUCHI, T., & KURAMOTO, R. (1954). Study of possible complex formation between macromolecules and certain pharmaceuticals. I. Polyvinylpyrrolidone with sulfathiazole, procaine hydrochloride, sodium salicylate, benzyl penicillin, chloramphenicol, mandelic acid, caffeine, theophylline, and cortisone. Journal of the American Pharmaceutical Association. American Pharmaceutical Association, 43(7), 393–397.
Il est préférable de s’abstenir entièrement de toute boisson alcoolisée pendant toute la durée du traitement à la cortisone, ainsi que jusqu’à l’élimination complète du médicament par l’organisme. En général, il est recommandé d’attendre au moins une semaine après la dernière prise de cortisone avant de reprendre une consommation d’alcool.
Ce délai peut toutefois varier en fonction de la posologie et de la durée du traitement : plus la dose était élevée et plus le traitement a été long, plus le temps nécessaire à l’élimination totale du médicament sera important. Ce délai permet de minimiser tout risque d’interaction.
La consommation modérée de café pendant un traitement à la cortisone est généralement considérée comme sans danger pour la majorité des patients. Toutefois, le café et la cortisone ont tous deux la capacité d’augmenter la pression artérielle (10).
Il est donc recommandé de rester attentif à ses réactions corporelles et d’éviter une consommation excessive de caféine en cas de symptômes tels qu’une accélération du rythme cardiaque, de la nervosité ou de l’agitation.
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